Analyse: Into The Breach, un plan sans faille!

Dans cet essai sur comment analyser l’expérience de jeu, un passage entier est consacré à l’échelle de pouvoir, concept permettant d’évaluer les actions du joueur sur un échelle de pouvoir allant du contrôle absolu à la perte totale de pouvoir.

echelle de pouvoir metagaming

Le but de ce petit article n’est pas de revenir sur cette théorie (je vous invite à lire l’essai si le sujet vous intéresse), mais plutôt de parler du gameplay d’Into The Breach, jeu qui possède une caractéristique bien étrange et unique (à ma connaissance) pour son genre, consistant à placer le joueur dans un état de contrôle absolue quasi permanent !

En effet, lorsqu’on lance pour la première fois Into The Breach, une multitude d’éléments viennent nous rappeler de bons souvenirs passés sur les RPG tactiques à l’ancienne, (dont l’illustre modèle restera toujours pour moi Final Fantasy Tactics). Les décors isométriques, les carrés sur le sol, les déplacements des unités, tout ici nous est familier si l’on a déjà posé ses papates sur un jeu du genre.

itb game

Seulement voilà, après quelques minutes de jeu, on se rend rapidement compte qu’Into The Breach n’a rien à voir avec ces modèles dont il s’inspire pourtant dans la forme, car dans le fond, le système de jeu est totalement différent.

ITB n’est même pas un rpg (même si les pilotes de robots pouvant gagner de l’expérience pourrait en donner l’illusion), mais un jeu de placement et de mouvement. Il a plus à voir avec les échecs qu’avec Disgaea. La force de vos robots n’a parfois aucune importance (certains n’infligent d’ailleurs aucun dégâts) tandis que leurs capacités à pousser, tirer ou téléporter des monstres d’une case à l’autre sont souvent crucial. Chaque robot est un peu comme une pièce d’échec, et des déplacements et actions parfaitement séquencés seront la clé du succès.

itb menu

(ici, mon escouade favorite, basé sur les dégâts de feux et la téléportation)

En fait, la plus grande différence d’ITB avec les poncifs du genre, c’est qu’il place le joueur dans une position de contrôle très élevé sur les situations qu’il doit affronter. En détaillant toutes les actions futures des ennemis, le joueur se retrouve virtuellement dans une position de pouvoir absolu, car aucun événement improbable (tel qu’on coup raté par exemple) ne peut survenir pour lui mettre des bâtons dans les roues.

Si je précise virtuellement, c’est parce que le joueur se rendra rapidement compte que la vraie limite à ce système, c’est son propre petit cerveau.

La difficulté du jeu ne réside pas dans complexité des puzzles à résoudre, mais plutôt dans le tri des informations données, qui sont elles-mêmes à recouper avec les possibilités offertes par nos robots.

Une fois les mouvements et attaques de ces derniers assimilés, on prépare ses actions et on agit, en toute connaissance de cause. On sait ce qu’il va se passer au prochain tour (à quelques détails près), et si quelque chose ne se passe pas comme prévu, c’est uniquement de notre faute et à celle de notre cerveau trop fatigué.

On dirait mon dernier entretien d'embauche

(entretien d’embauche creepy/20)

Bien sûr, il y a toujours quelques éléments que le joueur ne peut influencer. Par exemple, il ne sait pas quel type de monstre va apparaître (même s’il connaît la liste des monstres possibles), ni quels seront leurs mouvements au prochain tour. La chance, elle, apparaît sous la forme d’un pourcentage indiquant la probabilité d’un monstre de rater son coup lorsqu’il attaque un immeuble. Mais c’est tout.

Sous ses aspects de jeu tactique, Into The Breach est en fait plus un jeu de résolution de puzzle, et sa profondeur réside dans l’optimisation de chaque opération. Il existe forcément UNE résolution optimale, et le joueur détient toutes les informations possibles pour la trouver.

Et il faut bien l’avouer, lorsqu’on se retrouve face à une situation à première vue impossible à résoudre, et que l’on parvient, après un effort cognitif intense, à s’en sortir indemne, et même avec quelques bonus, c’est plutôt gratifiant !

Le seul bémol que je mettrais au jeu, c’est que passé un certain temps, un joueur aguerri retrouve des schèmes qui facilitent grandement sa victoire. En fait, sur mes vingtaines de parties terminées, dont un peu moins de la moitié en difficile, je me suis rarement retrouvé inquiété, et ce malgré un cerveau évidemment faillible et quelques erreurs d’attention.

Mais le jeu invite le joueur à se créer ses propres challenges, ce qui devrait suffire aux plus chevronnés d’entre nous. Pour ma part, je pense avoir fait le tour de ce qui m’intéressait dans ce jeu de réflexion après une vingtaine d’heures de jeu, et je regrette pas une seconde !

itb end

Alors si vous aimez réfléchir, je vous conseille de vous jeter dans la faille !

 

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