Resident Evil 2 remake: tripes nostalgiques.

Quand j’étais petit, mes parents m’interdisaient toujours de regarder des films d’horreur, alors que mes grandes sœurs, elles, en avaient le droit. Et bien que je vivais cela comme la plus grande des injustices, avec le recul, je félicite évidemment mes parents d’avoir attendu quelques années de plus avant de me laisser regarder ce qu’ils croyaient être mon premier film d’horreur: Scream.

Je dis croyaient être parce que voilà, du haut de mes 8 ans, j’étais déjà quand même un (petit) peu un rebelle dans l’âme, et lorsque par un froid soir d’hiver, un de nos voisins a eu la bonne idée de ramener la cassette vidéo de Massacre à la Tronçonneuse pour qu’on essaye notre magnétoscope tout neuf, j’ai décidé de me confronter à la réalité de la vie et de regarder ce film qui soi-disant faisait peur à tout le monde.

Pendant que toute la famille mangeait ses pop corn, moi, censé être endormi depuis longtemps, je suis sorti de mon lit, j’ai descendu les escaliers à pas de loups et me suis infiltré derrière les deux canapés. J’ai regardé pendant une trentaine de secondes la grosse TV cathodique et, lorsque j’ai senti que quelque chose allait mal tourner, je suis vite remonté dans ma chambre pour m’emmitoufler dans ma couverture protectrice, et y faire quelques cauchemars. Je n’avais pas vu de tronçonneuse, pas même une gouttelette de sang. Mais j’avais eu la frousse de ma vie!

Ouais, en fait, j’étais pas du tout un rebelle, mais un gros froussard. Je me suis promis de ne jamais regarder des films qui font peur, et pendant un certain temps, j’ai tenu ma promesse.

Et puis j’ai un peu grandit, et vers 10 ans, un copain m’a invité à joué à un jeu trop bien que son frère avait ramené. Moi, à cette époque, je n’avais joué qu’aux jeux multicolores de chez Nintendo (et à Croc). Alors, lorsque le froussard que j’étais s’est soudainement retrouvé face à un jeu vidéo rempli de zombis mangeurs d’hommes, j’avoue avoir un peu tourné de l’œil, tandis que mon froussomètre intérieur bipait très fort et m’intimait de ne pas regarder l’écran. Et pourtant, lorsque le frère de mon copain m’a prêté le deuxième CD du jeu, je n’ai pas pu refuser. Au contraire, j’avais envie d’y jouer, PARCE QUE ça me faisait peur. C’était un défie que je me lançais. Je voulais dépasser ma trouille.

Mais pourquoi, me direz-vous, est-ce que je vous raconte ce bon souvenir d’enfance dans un article censé parler de Resident Evil 2?

Et bien la réponse est simple: la nostalgie, et tout le rôle qu’elle peut jouer dans l’expérience de jeu de quelqu’un qui, comme moi, a joué à la version originale quand il était môme.

Petit selfie au commissariat

Aujourd’hui, cela fait environ vingt ans que j’ai joué à Resident Evil 2 pour la première fois, et j’en ai gardé des souvenirs intenses. Je me souviens avoir terminé les deux scénarios et m’être senti fier, pour la première fois de ma vie, d’avoir terminé un jeu vidéo. Et aussi soulagé, car chaque seconde passées sur ce jeu avait été un véritable calvaire.

Alors, la semaine dernière, lorsque j’ai commencé à jouer à ce remake que j’attendais avec beaucoup d’impatience, j’ai ressenti comme une drôle d’émotion. Une sorte de Madeleine de Proust au goût amer de stress, à l’aspect appétissant, dorée et moelleuse, mais remplie de ces petits vers blancs qui grouillent sur les cadavres décomposés; comme si l’adulte que je suis devenu se trouvait soudainement propulsé dans sa chambre de pré-ado, la visage à peine éclairé par la télévision cathodique dernier cri, et les tripes nouées par l’histoire et le défie à relever. (Ouais, j’étais intense comme gosse).

Le début du jeu, pourtant, diffère du jeu original, et annonce directement la couleur: vous croyez tout savoir? Vous allez être surpris, et surtout, en baver!

Mais pas au point de jouer en mode normal. Non. Je suis quand même un pro-gamer bénévole, et si je veux garder ce titre honorifique, je me dois de faire le jeu directement en hardcore, à l’ancienne, avec des sauvegardes limitées et des zombies quasiment intuables. La preuve: je meurs trois fois de suite rien que dans la première scène…

La première fois car j’étais admiratif de la beauté et de l’ambiance du jeu, la seconde fois parce que j’ai appris que trois balles dans la tête d’un zombi ne suffisait pas à le tuer, et la troisième fois parce que je n’avais plus de balles pour zigouiller les autres qui se dressaient sur mon chemin.

Photoréalisme

En quelques minutes de prologue, le ton globale de mon expérience de jeu était donné: ça allait être beau, ça allait être différent, ça allait être dur!

J’avance encore un peu dans le jeu, subjugué par les graphismes et l’ambiance du hall du commissariat, et après quelques escarmouches contre des zombies agglutinés dans un couloir, je me retrouve, enfin, dans un endroit que je connais mieux, et dont j’ai un souvenir précis: le couloir de l’aile ouest, et sa fameuse fenêtre.

Dans le jeu original, lorsque Léon, ou Claire, s’approche de cette fenêtre, un licker est censé passer rapidement devant. Je m’en souviens parfaitement, car ce passage, plus jeune, m’avait totalement terrifié! Alors, lorsque je me suis avancé près de cette fenêtre dans le remake, j’étais prêt à le voir passer à nouveau et à lui mettre sa pâté un peu plus loin.

Mais seulement voilà… Rien ne s’est passé. Sur mes gardes, j’ai avancé dans les couloirs de l’aile ouest du commissariat, et il s’est passé assez d’événement pour que j’oublie le licker que je n’avais pas vu… Juste assez pour que je sursaute en le voyant passer derrière une fenêtre du troisième étage!

Des moments de jeu identiques, j’en ai ressenti plein. Des impressions de déjà vu, qui faisaient remonter mon angoisse de jeune joueur, à tel point qu’à chaque fin de partie, je me sentais sur le qui-vive. Jouer à ce remake a réellement fait remonter émotions que j’avais ressenti gamin. Et rien que pour cela, ça valait vraiment le coup d’y jouer!


Jusqu’au boutisme

Resident Evil 2 est vraiment un beau jeu. Les décors, les personnages, leurs animations. Tout est photo-réaliste et participe à créer une ambiance sombre, glauque, mortelle. Aucun compromis n’a été fait sur les visuels, très explicites.

Le seul bémol, en ce qui me concerne, réside dans l’ambiance sonore, qui parfois ne colle pas à tout à fait aux situations. On entend toujours des bruissements, des grincements, et d’autres bruits indescriptibles qui viennent parfois de nulle part. Le jeu est, finalement, rarement habillé de silence. Je ne parle même pas des pas résonnants du Tyran, ce type super vénère qui vous court marche après avec ses grosses bottes durant plus ou moins tout le jeu. On peut parfois avoir l’impression qu’il se trouve au coin d’un couloir, alors qu’en fait il tourne en rond trois étages plus haut. Ce n’est donc pas tant l’environnement sonore qui m’a (légèrement) sorti de mon immersion, mais plutôt un sens du timming parfois hasardeux ainsi qu’une mauvaise localisation, qui s’est parfois révélée fatale.

(Je tiens quand même à préciser que je suis très sensible aux ambiances sonores, et que pour un joueur occasionnel, cela n’aura aucun impacte fort sur l’expérience de jeu. De plus, c’est là le seul défaut technique que j’ai trouvé au jeu, le reste étant super propre).

Bref, on ne peut nier que RE2 est un jeu magnifique, mais il brille selon moi surtout par son jusqu’au boutisme, dans sa direction artistique sans concession et son gameplay.


Un gameplay simple et efficace.

Le côté hardcore de ce RE tient dans la simplicité apparente de son gameplay. Léon et Claire peuvent marcher, trottiner, viser (difficilement). Et en fait, c’est tout. Pas d’esquive, pas de roulade, pas de sauts sur les murs. Ils ne sont que des êtres humains lambda qui ont la chance d’être tombé sur des gros flingues pour se défendre, bien que les balles à elles seules ne suffiront pas. Pour finir Resident Evil 2 (en hardcore, du moins) il faudra surtout utiliser son cerveau! En tirant, par exemple, dans la cheville d’une zombie, juste le temps de la faire trébucher dans un couloir étroit et passer à côté sans se faire attraper, ou encore gardant son sang froid en passant tranquillement à côté des abominables lickers, répugnants mais sourds comme ma vieille voisine du dessous.

Le jeu est (en hardcore) très difficile, et là où je le félicite, c’est qu’il n’a fait aucune concession sur son aspect “jeu”.

En effet, en regardant le trailer sorti avant la sorti, on aurait facilement pu craindre que Capcom mette tous ses jetons sur le gore et l’ambiance, sans se pencher sur le côté survie. Heureusement, plus j’avançais dans le jeu, plus la sensation de survie augmentait. Le jeu me fichait toujours une trouille de tous les diables, certes, mais il restait un jeu que je pouvais finir si je jouais bien. En gérant mon inventaire, en ne paniquant pas, en étant prudent, en visant bien…

Cependant, il faut préciser que ce ressenti s’est uniquement fait sentir en mode hardcore, car en normal, (malheureusement?) c’était juste la fête des munitions, et le stress disparaissait en même temps que l’appréhension de perdre sa progression, à la recherche d’un ruban encreur pour enregistrer.

Avoir peur, se sentir stressé et parvenir quand même à avancer en gardant la tête froide, voila une expérience que je n’avais pas ressenti depuis Resident Evil 4 (l’aspect peur en moins).

Panique / 20

Pour en venir un peu aux théories déjà évoquées sur ce site, il convient de placer, sur l’échelle du contrôle, l’expérience générale du jeu dans la zone tension, et ce sera à lui de tout faire pour ne pas se plonger dans des situations inextricables, en gérant ses balles, et restant calme, dans les situations tendues, comme dans la vidéo suivante.


Scénario (de série) B

Si de gros efforts de mise en scène ont été réalisé, autant durant certaines scènes jouables que lors de cinématiques, il faut bien avouer que le scénario n’est pas terrible.

En soi, cela pourrait ne pas être grave, mais j’aurais quand même beaucoup aimé que les scénarios A et B se complètent réellement. Au lieu de cela, de grosse incohérences viennent ternir le déroulement de l’histoire, pourtant pas si compliquée.

Ainsi, Annette Birkin mourra deux fois, et Claire et Léon se battront deux fois contre le même Boss… Ce qui n’a aucun sens, les deux héros étant censés faire leur chemin chacun de leur côté. Vraiment dommage.

Malgré tout, le joueur aura quand même le droit à des passages assez épiques, et à des personnages bien plus caractérisés que dans l’original.

Mention spéciale pour Claire Redfield, qui est juste ultra badass, en témoigne cette scène.

Ajoutez à cela des modes de jeu alternatifs (et gratuits) à base survie/rogue lite, et on obtient un jeu complet, presque parfait, qui saura combler les amateurs de frissons comme les joueurs un peu plus acharnés.

Pour ma part, je trouve ce remake ultra réussi. Un tripe nostalgique et moderne à la fois, rempli de sursauts et de moments de grâces.


Conseils éclairés pour le mode hardcore

Si, comme moi, vous osez affronter le mode hardcore, voici une petite liste de conseils que j’ai trouvé en jouant, et qui pourraient bien vous sauver de quelques situation délicates.

D’abord, sachez que les zombis vous tueront en deux morsures. Si deux zombies vous tombent dessus en même temps, c’est pas le game over directe. Le problème, c’est que ces monstres encaissent tellement bien les balles que tous les tuer est presque impossible, car il va falloir économiser vos précieuses cartouches!

1)Économisez vos balles: viser les rotules, et pendant que les zombies trébuchent, passez à côté d’eux en toute sécurité.

2) Utilisez votre fusil à pompe (votre meilleur ami) avec intelligence; soit pour disperser un groupe un peu très serré (les grenades sont pour cela également très pratiques), soit pour exploser des têtes, parfois même avant que les zombis ne se lèvent. Mieux vaut perdre une balle de pompe que quinze balles de pistolet.

Avant
Après

3) En ce qui concerne le terrible Mister X, pas la peine de gâcher vos balles. Essayez plutôt de le semer en utilisant des “safe room”, telles que le bureau des S.T.A.R.S et les salles de sauvegarde. Même s’il vous voit rentrer dans ces salles, le tyran ne vous suivra pas. Pas très logique, mais très pratique.

4)Soyez silencieux. En marchant, vous n’alerterez pas le zombis, et surtout, pas les lickers. J’ai terminé le jeu sans un tuer un seul, en passant parfois très, très près d’eux. Et rester cool, en toute circonstance, ça peut aider… en témoigne cette vidéo!

5) Organisez vos parties. En hardcore, si vous perdez, vous revenez à votre dernière sauvegarde. Si vous avez enregistrer cinq minutes plus tôt, pas de problème, mais si cela fait une heure, ne prenez pas de risque inutile. De même, après une sauvegarde, sentez vous libres de faire quelques folies, car au pire, vous n’aurez pas grand chose à refaire.

Voilà. Si vous aimez les jeux d’horreur, jouez à Resident Evil 2 remake, c’est vraiment un bon jeu!

Merci d’avoir lu.

Ben Yeah.

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